Officiel : est-ce vraiment la fin de l'alliance entre Renault et Nissan, que faut-il savoir ?

Renault et Nissan redéfinissent leur alliance après 24 ans de mariage asymétrique. Une alliance qui a fait mieux que la moyenne. En France, la durée moyenne d’un mariage entre constructeurs automobiles est de quinze ans, selon l’Insee. Renault et Nissan, allié aussi à Mitsubishi Motors depuis 2016, ont surpassé cette moyenne en restant unis pendant 24 ans. Cependant, mercredi dernier, les constructeurs ont confirmé la fin de cette alliance telle que nous la connaissions. Renault, qui détenait auparavant 43,4 % du capital de Nissan, redescend à 15 %, marquant ainsi la fin du contrôle de Renault sur Nissan

Un réel “divorce” du point de vue des syndicats du groupe Alliance

Le divorce entre Renault et sa division Horse, dédiée aux modèles thermiques, d’une part, et Ampere, dédiée aux véhicules électriques, d’autre part, est devenu inévitable suite à la scission de l’entreprise et à l’entrée de nouveaux investisseurs tels que le Chinois Geely. Cette décision reflète la compétition croissante des constructeurs chinois cherchant à s’étendre sur le marché automobile européen.

Qualifiée de “rupture forte” par un délégué syndical de Renault, cette fin d’alliance préoccupe les 375 000 employés quant à la préservation des emplois et des sites français. Bien que Renault ait assuré qu’aucun licenciement n’aurait lieu au sein de la centrale d’achat et que la fabrication des véhicules confiée par Nissan à Renault se poursuivrait en France, les employés demeurent inquiets.

Le nouvel accord de 15 ans avec une “participation croisée de 15 %”

Les constructeurs français et japonais ont signé un nouvel accord de 15 ans, établissant une “participation croisée de 15 %”. Cette décision s’inscrit dans la réorganisation de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, annoncée en début d’année, visant à rendre l’alliance moins fusionnelle et plus égalitaire. 

Le transfert d'actions et la fin de leur centrale d’achat commune

Renault a transféré 28,4 % des actions Nissan dans une fiducie française, ce qui réduit sa participation, mais ne déprécie pas les états financiers du groupe, d’après le constructeur français. Cette réduction de participation a conduit à des changements opérationnels, avec la dissolution de la société d’achats en commun de l’alliance (Alliance purchasing organisation), créée par Carlos Ghosn en 2001. 

La communication entre Renault et Nissan a également été interrompue, marquant ainsi la fin de l’alliance telle que nous la connaissions.

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La concurrence de retour et une alliance “au cas par cas”

Dorénavant, Renault, Nissan et Mitsubishi opéreront de manière indépendante et en tant que concurrents. Les salariés de Renault ont été informés de ne plus partager leurs fichiers et données avec Nissan et Mitsubishi. Cette évolution s’inscrit dans la diminution progressive de la participation de Renault dans Nissan, conformément aux lois antitrust. 

Bien que cette séparation soit qualifiée de “divorce” par certains, une source proche du dossier souligne qu’il s’agit plutôt d’un “nouveau chapitre dans l’alliance”, avec une forme différente.

Les projets communs continuent malgré la fin de l'alliance

Malgré la fin officielle de l’alliance, les constructeurs continueront à collaborer sur des projets communs. Indiquant que la nouvelle entente progresse positivement, les deux constructeurs japonais ont déjà dévoilé un investissement dans la filiale électrique de Renault, Ampere, s’élevant à 200 millions d’euros pour Mitsubishi Motors et 600 millions d’euros pour Nissan. Cette contribution de Nissan pourrait être interprétée comme un engagement envers Renault.

Des exemples concrets incluent :

  • la Mitsubishi Colt, qui est une Renault Clio rebadgée ; 
  • le Nissan Ariya, qui utilise la plateforme de la Renault Megane e-tech.

Cependant, ces collaborations se feront désormais sans l’infrastructure et la structure commune qui caractérisaient l’alliance précédente. 

Quelles implications pour l'avenir ?

Le patron de Nissan, Makoto Uchida, a salué un « accord d’égal à égal » avec Renault, soulignant les perspectives fructueuses du partenariat rééquilibré. La nouvelle alliance, est axée sur des collaborations au cas par cas. Bien que Renault perde son ascendant sur Nissan, le groupe bénéficiera d’une plus grande flexibilité grâce à la possibilité de monétiser les actions de Nissan, tandis que les deux constructeurs investiront conjointement dans Ampere, l’entité électrique de Renault.

 

Cependant, les syndicats expriment des inquiétudes quant à l’avenir des 1 400 salariés travaillant dans la centrale d’achat commune et les usines françaises produisant des véhicules pour Nissan. Le groupe Renault assure que les véhicules confiés par Nissan à Renault continueront d’être fabriqués dans les usines françaises. 

L’avenir dira si cette nouvelle approche offre la flexibilité nécessaire pour prospérer dans un marché automobile en constante évolution.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Renault et Nissan ont redéfini leur alliance de 24 ans, Renault réduisant sa participation à 15 % et mettant fin au contrôle sur Nissan. Un nouvel accord prévoit une collaboration moins centralisée, avec des projets communs mais indépendants. Malgré des inquiétudes sur l’emploi, les deux entreprises continueront de collaborer sur des projets spécifiques, notamment dans la filiale électrique de Renault, Ampere.

Virginia BLANCO
Virginia BLANCO
Rédactrice web spécialisée en automobile, j'aime partager l'actualité et des astuces pour faciliter la vie des jeunes conducteurs.