Les véhicules électriques émettent beaucoup de particules et on ne pensait pas à cette cause !

Au moment où la mobilité électrique s’impose comme la solution incontournable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, une révélation surprenante vient ébranler les certitudes. C’est une étude approfondie menée par Epyx, spécialiste de la gestion de flottes, qui a pointé du doigt un aspect méconnu de la conduite électrique : l’usure rapide des pneus des voitures dites propres et ses implications environnementales. Quelles sont les conclusions de l’étude et qu’en pense l’Ademe ? On vous livre les réponses.

Étude Epyx | Un éclairage sur l'usure des pneus des voitures électriques

Les données recueillies par la société britannique Epyx sur des milliers de véhicules à travers l’Europe révèlent un constat saisissant :

  • Les voitures électriques nécessitent un remplacement des pneus 26 % plus fréquent que leurs homologues thermiques. Et pour cause, les pneus des voitures électriques ont été remplacés en moyenne tous les 29 000 km et 551 jours, alors que les véhicules hybrides, essence et diesel ont eu une durée de vie des pneus plus longue, atteignant 40 000 km et 585 jours.
  • La durée de vie moyenne des pneus des véhicules électriques est inférieure de 11 000 km à celle des véhicules conventionnels.

Les voitures électriques au banc des accusés ?

Cette révélation s’inscrit dans un contexte où l’Agence de la transition écologique (Ademe) alertait déjà que les freins et les pneus des véhicules représentent jusqu’à 60 % des émissions totales de particules fines.

Voilà des chiffres qui remettent en question la réputation de propreté des véhicules électriques. Alors que ces derniers sont célébrés pour leurs avantages environnementaux, il est essentiel de ne pas négliger les aspects cachés de leur impact.

L'usure rapide des pneus des véhicules électriques liée à plusieurs facteurs

Mais alors pourquoi les pneus des voitures électriques sont en cause dans ce constat amer ?

Poids de la batterie

Tout d’abord, la masse supplémentaire due aux batteries nécessaires pour alimenter le moteur électrique exerce une pression accrue sur les pneus, conduisant à une usure prématurée. Rappelons que le poids moyen élevé des voitures électriques compromet la tenue en virage. Plus un véhicule est lourd avec des pneus larges, plus il remet en suspension les particules fines et accélère l’usure du revêtement routier.

Exemple poids de batterie : La Renault Mégane essence pèse 1,2 tonne, contre 1,3 tonne en diesel, tandis que la version électrique, bien que plus compacte, atteint 1,5 à 1,6 tonne, notamment pour la version EV60 avec une batterie plus imposante.

Taille des pneus

C’est sans compter que la taille plus importante des pneus entraîne des coûts de remplacement élevés. En effet, les véhicules électriques préfèrent des pneus spécifiques, avec des composés distincts, une profondeur de bande de roulement réduite et des flancs renforcés, selon Tim Meadows d’Epyx. Ces pneus aux dimensions parfois originales sont généralement plus coûteux.

Exemple tarif pneu : Le remplacement moyen d’un pneu pour un véhicule électrique de 18,59 pouces coûte 207 livres sterling (environ 239 €), contre 130 livres sterling (environ 150 €) pour les voitures à essence et diesel de 17,40 pouces.

Pneu de voiture électrique

Accélération rapide

Enfin, les caractéristiques spécifiques de conduite des véhicules électriques, telles que l’accélération plus rapide sur les modèles électriques, peuvent également influencer la durabilité des pneus. 

Cependant, cette dépense supplémentaire est compensée par une usure moindre des freins grâce à la récupération d’énergie lors de la décélération, réduisant significativement les émissions de particules fines des voitures électriques et hybrides.

Comment réduire l’impact environnemental ? Solutions et perspectives

Cette étude remet donc en question le concept de zéro émission des véhicules électriques en mettant en lumière les émissions de particules fines provenant de l’usure des pneus. Des pratiques recommandées peuvent atténuer l’impact de l’usure des pneus. 

Parmi ces solutions, vous avez :

  • le choix de pneus de haute qualité ;
  • la surveillance régulière de la pression ; 
  • une conduite douce.

Dans l’ensemble, l’étude de l’Ademe a conclu qu’il n’y a pas d’écart significatif dans les émissions totales de particules entre les véhicules électriques à forte autonomie et les nouveaux véhicules thermiques, qui n’émettent pratiquement aucune particule à l’échappement. La future norme Euro 7 devrait inclure les émissions issues des pneus et des freins, reconnaissant ainsi officiellement cet aspect environnemental.

La mobilité électrique doit donc faire face à ces nouveaux défis avec lucidité et engagement, afin de garantir une transition durable vers un avenir plus écologique.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Une étude récente révèle que les véhicules électriques pourraient émettre plus de particules fines que prévu en raison de l’usure accélérée de leurs pneus, exacerbée par le poids des batteries. Cela soulève des préoccupations environnementales qui contestent la notion de « zéro émission » des véhicules électriques.

Virginia BLANCO
Virginia BLANCO
Rédactrice web spécialisée en automobile, j'aime partager l'actualité et des astuces pour faciliter la vie des jeunes conducteurs.

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